Le nom de la commune - Le Pin La Garenne
 

Origine du nom de la commune

La première mention du nom complet "Le Pin-la-Garenne" apparaît en 1811 dans l'Annuaire de l'Orne.
Antérieurement, on disait " Le Pin " ce qui entretenait une confusion permanente dans le département, avec l'autre commune du Pin, là où se trouve le célèbre haras.

La mise en place progressive de la poste aux lettres imposait donc un " complément ". Ainsi fut-il décidé que Le Pin, arrondissement d'Argentan, s'appellerait officiellement Le Pin-au-Haras et que Le Pin, arrondissement de Mortagne, deviendrait Le Pin-la-Garenne.




Pourquoi le Pin ?

Deux origines peuvent être retenues, l'une et l'autre remontant " à la nuit des temps ", à l'époque antérieure sans doute à l'implantation du christianisme.
 

Selon l'abbé Villette, spécialiste de l'origine des noms de lieux, Le Pin serait la réduction progressive du latin espinatus, ce qui signifie " le lieu couvert d'épine, de broussailles ". A ce titre il s'agirait du regard posé par les premiers habitants de notre village sur le vallon où ils choisirent de s'installer.
 

Selon d'autres sources, le Pin renverrait aux cultes celtiques où la nature est peuplée de dieux, de déesses incarnés dans la lune, les sources ainsi que dans des arbres remarquables. Le chêne est l'arbre des druides ; moins connu, le pin est aussi un arbre sacré.
De nombreuses communes et lieudits, en France, portent d'ailleurs ce nom, ce qui démontre l'intérêt que, de tous temps, les hommes lui ont réservé. Comme tout être végétal, le pin en tant qu'arbre, a fini par mourir mais il a souvent laissé son nom tel un vestige solidement "enraciné" dans la mémoire des générations.
 

De la même époque celtique date probablement le culte des sources qui, elles, continuent à couler. Nous sommes, là encore, concernés:

Lors de l'avènement du christianisme, vers le 5e ou le 6e siècle, les ermites et prédicateurs dénoncèrent ces traditions mais, à défaut de pouvoir les supprimer, transformèrent ces sources en lieux de prière voués à des saints.
Ainsi s'explique notre " Fontaine Saint-Ouen " qui alimente aujourd'hui le réseau d'eau potable. Vers la fin du 9e siècle, la même dédicace est réservée à la chapelle du château qui devient église paroissiale sous l'appellation de "Saint-Ouen-du-Pin". Par la suite, pour une raison que l'on ignore, le culte à saint Ouen fut abandonné en faveur de saint Barthélémy (l'un et l'autre se fêtent le même jour, à savoir le 24 août). La paroisse porta dès lors le nom de " Saint-Barthélémy-du-Pin ".
 

Jusqu'à la fin de l'Ancien Régime, les lettres étaient, quant à elles, généralement libellées : " paroisse du Pin, au Perche ".


 

Pourquoi " La Garenne " ?

Quoique beaucoup plus récent, ce complément de nom, institué comme nous l'avons vu au début du 19e siècle, est aussi source d'interrogation. Aucun document, aucune délibération du conseil municipal n'apporte de réponse. Ce dernier ne paraît pas avoir été interrogé sur le choix d'une nouvelle appellation. Dès 1812, les registres de la mairie utilisent pourtant et de plus en plus fréquemment, le nom complet.
 

Pour " La Garenne " deux explications peuvent être retenues :
 

1)  le choix du lieudit " La Garenne " situé route de Mauves, pris au hasard par l'administration postale, ce qui paraît peu vraisemblable.


2) l'autre explication pourrait être d'ordre " paysager ".
Au début du 19e siècle existait encore, dans le haut du bourg, à l'emplacement du terrain de sport et aux abords du lieudit " Le Champ de la Ville " un bois très épais appelé " La Garenne ", lieu de chasse autrefois réservé aux seigneurs et châtelains du Pin et de la Pellonnière. Ses hautes futaies accueillaient le voyageur venant de Mortagne. Elles constituaient une sorte de repère remarquable qui pourrait ainsi expliquer ce choix.
 

On le voit, avec " Le Pin " et " La Garenne ", c'est donc à la nature que l'on doit l'origine du nom de notre village.