Aujourd'hui traversé par la route départementale 938, le bourg du Pin est organisé de part et d'autre de cet axe de communication construit à la fin du 18e siècle.
A ce titre, la réalisation du grand chemin de Mortagne à Bellême (entre 1768 et 1785) représenta pour le village une "révolution" avant l'heure. Elle le plaçait en effet sur une route appelée à un trafic important, y compris au temps des diligences.
La disposition générale du bourg s'en trouva profondément bouleversée et estompa l'organisation ancestrale de l'habitat, regroupé depuis le premier millénaire, autour de trois points forts :
* le haut du bourg appelé "le Champ de la ville",
* la motte du Pin avec ses installations défensives,
* et la "Cour au Bourg".
Situé dans la partie la plus élevée du bourg, le lieudit "Le Champ de la Ville" perpétue sans doute le souvenir d'une "villa" de l'époque mérovingienne, c'est à dire d'un domaine agricole autour duquel le village naissant pourrait s'être organisé (le mot "village" tire d'ailleurs son origine de "villa").
Au cours du 9e siècle, en pleine invasion normande, une motte féodale, dressée à mi-pente, se substitua, avec ses installations classiques (donjon, fossés, basse-cour ou bayle, chapelle, etc), à ce noyau primaire.
Par la suite, le seigneur du Pin, afin d'attirer des habitants et surtout les artisans, créa sans doute l'équivalent contemporain de nos zones franches, aux portes de son château. Il s'agit de la "Cour au Bourg" qui paraît avoir formé la première place. Vers elle convergeaient les chemins d'antan contournant la motte et ses fortifications.
Malgré l'abandon de cette dernière au profit du château de la Pellonnière (au cours du 12 ou 13e siècle), l'organisation générale du bourg demeura ainsi inchangée. Reconstruite au 16e siècle, l'église, autour de la quelle s'étandait le cimetière, reçut un clocher effilé témoin de la vie quotidienne.
Le presbytère, tout proche, fut complété à partir de 1685, par un "collège" aux proportions bien modestes. Un tripot et une auberge dite de "La Pomme d'Or" contribuaient à la convivialité du village alors que le notariat, attesté dès la fin du 16e siècle permettait de sceller les affaires dûment confirmées par le partage du "vin du marché".
Plusieurs rendez-vous animaient le bourg au cour de l'année, notamment la foire de la Saint-Barthélémy dont les droits étaient perçus par le seigneur du Pin et de la Pellonnière. Un marché était en outre organisé le dimanche matin.